Cependant, l’acide thioglycolique est toujours largement utilisé dans des produits d’usage domestique comme les crèmes dépilatoires ou les produits pour permanentes chez les coiffeurs.
Cherchons à comprendre le risque qu’il présente.
L’acide thioglycolique est un liquide incolore qui possède une odeur forte et désagréable, typique des mercaptans (produits chimiques soufrés). Cette odeur peut s’affaiblir.
L’acide thioglycolique est utilisé dans les formulations cosmétiques comme “modificateurs de structure de la kératine” pour les produits pour permanentes ou de décrêpage. Il est aussi présent dans de nombreuses formulations de crèmes dépilatoires, dans la production ou fabrication pharmaceutique et en tant que stabilisateur pour les plastiques de vinyle.
Il est également utilisé désormais comme agent couvrant ou stabilisant des Cd/Te quantum microdots.
L’acide thioglycolique appartient à la classe des thioglycolates.
On peut trouver l’acide thioglycolique sous les noms suivants:
Numéro CAS 68-11-1; Formule chimique HSCH2COOH
L’acide thioglycolique est un réducteur réactif: il est facilement oxydé par exposition à l’air. L’acide thioglycolique est également un acide faible de par la présence d’une fonction acide carboxylique dans la molécule.
Comme il est très réactif, l’acide thioglycolique est incompatible avec l’air, les oxydants forts, les bases, les métaux réactifs comme le sodium, le potassium, le magnésium ou le calcium (à titre d’exemples).
L’acide thioglycolique est considéré comme un produit combustible de classe IIIB ? Il n’est donc pas inflammable.
L’acide thioglycolique est une substance corrosive de contact pour les yeux, la peau et les muqueuses.
Il peut provoquer des brûlures sévères de la peau et des lésions oculaires. L’Agence européenne des produits chimiques recommande qu’il soit étiqueté avec la phrase de risque H314.
En cas d’exposition oculaire ou cutanée à l’acide thioglycolique, des cas de lésions de la cornée et de lésions chimiques de la peau avec apparition d’ampoules ont été rapportés.
Prenons quelques exemples de cas d’expositions humaines et d’études sur des animaux qui ont été rapportées dans la littérature:
Une personne a eu de l’acide thioglycolique liquide projeté dans les yeux et sur la peau du visage, des jambes et des bras. Des lésions de la peau du second degré avec formation d’ampoules ont été observées. En deux heures, les cornées étaient troubles (l’une de manière plus prononcée que l’autre) et la conjonctive était œdémateuse. Les cornées et conjonctives ont mis plusieurs mois avant de se cicatriser. Une légère vascularisation, a entraîné des troubles de la vue ou une déficience visuelle.
Les études animales ont montré que le contact direct avec l’acide thioglycolique provoquait des lésions significatives des yeux et de la peau. De plus, il a été démontré que les produits chimiques de la famille des thioglycolates sont rapidement absorbés à travers la peau des animaux et que cela entraîne des problèmes de toxicité systémique.
Ces informations sont corroborées par le rapport d’un cas chez l’homme. Une femme de 79 ans qui a développé une forte toxicité systémique, incluant un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), un œdème pulmonaire et des séquelles de fibrine hémorragique d’une trachéo-bronchite, une acidose lactique, des dysfonctionnements des reins et du foie, une rhabdomyolyse et des saignements des muqueuses suite à l’exposition à une solution domestique pour permanentes des cheveux qui contenait de l’acide thioglycolique. Cependant, l’exposition par inhalation a peut-être précédé le contact cutané direct.
L’acide thioglycolique présente également une toxicité pour le foie et le tube digestif quand il est ingéré.
En tant que composant de formulations cosmétiques, l’acide thioglycolique a été associé au développement de dermatites de contact irritantes ou allergiques, en particulier chez les coiffeurs exposés de manière chronique.
L’acide thioglycolique n’est pas mutagène pour diverses lignées de Salmonella tyhrimurium avec ou sans activation métabolique.
A l’heure actuelle, il n’y a pas de preuves que l’acide thioglycolique soit cancérigène.
Alan H. Hall, M.D. President and Chief Medical Toxicologist
Toxicology Consulting and Medical Translating Services, Inc.
Laramie, Wyoming, USA
Clinical Assistant Professor
Colorado School of Public Health
University of Colorado-Denver
Denver, Colorado, USA

