Crotonaldéhyde : Comprendre le risque de produits chimiques spécifiques

crotonaldehyde

Le Crotonaldéhyde est un liquide incolore ou blanc à l’odeur suffocante qui devient jaune pâle au contact de l’air. Il est utilisé comme intermédiaire de la synthèse de l’acide sorbique. Il était également utilisé pour la synthèse de l’alcool n-butylique. Il est formé durant la combustion des énergies fossiles.

    Le crotonaldehyde est connu sous les noms suivants
  1. 2-Buténal
  2. β-Méthyl Acroléine
  3. Propylène Aldéhyde
  4. Aldéhyde Crotonique

C’est un liquide combustible de classe 1B.

Essayons de comprendre les risques qu’il présente.

Un peu de Chimie

cas croton aldehyde
CAS 42170-30-3; Formule chimique CH3CH=CHCHO

Le crotonaldéhyde est incompatible et peut réagir avec les produits chimiques caustiques, l’ammoniaque, les substances oxydantes concentrées, l’acide nitrique et les amines.

Il peut polymériser à haute temperature, comme, par exemple, lors d’un incendie.

Toxicité, absorption et potentiel irritant/corrosif pour les yeux ou la peau

Le Crotonaldéhyde est irritant pour les yeux, la peau et les voies respiratoires.

Huit cas de lésions dues à une exposition à du crotonaldéhyde en milieu industriel ont été rapportés. La gravité des lésions de la cornée n’a pas été décrite mais il est indiqué que les lésions ont cicatrisé dans les 48 heures. Aucunes indications sur le traitement appliqué n’ont été données.

L’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) recommande aux fabricants d’étiqueter le crotonaldéhyde avec les phrases de risques suivantes :

Phrase de risqueSignification
H225 Liquide et vapeurs très inflammables
H301 Toxique en cas d'ingestion
H311 Toxique par contact cutané
H315 Provoque une irritation cutanée
H318 Provoque des lésions oculaires graves
H330 Mortel par inhalation
H335 Peut irriter les voies respiratoires
H341 Susceptible d'induire des anomalies génétiques
H373 Risque présumé d'effets graves pour les organes à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée
H400 Très toxique pour les organismes aquatiques

Effets chroniques/Cancérogénicité

Des études expérimentales sur des animaux ont montré ue les rats ne survivaient pas à une exposition à 1 650 ppm de crotonaldéhyde pendant 10 minutes et que les poumons des rats montraient des lésions importantes des poumons.

Des observations similaires ont été réalisées chez des rats exposés à 1 500 ppm de crotonaldéhyde pendant 30 minutes ou à 100 ppm de crotonaldéhyde pendant 4 heures.

Lorsque l’on fait boire de l’eau contenant du crotonaldéhyde à des rats pendant 113 semaines, des anormalités hépatiques et même quelques cancers apparaissent.

Le crotonaldéhyde a donné des résultats contradictoires dans divers tests génétiques.

L’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC) a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves de l’effet cancérigène du crotonaldéhyde dans les tests sur les hommes et sur les animaux. Le Crotonaldéhyde ne peut donc pas être classifié quant à son effet cancérigène potentiel pour les humains.

Réglementation/Avertissements

  • US OSHA: valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 2 ppm, (6 mg/m3)
  • Institut National pour la Santé et la Sécurité au travail américain (NIOSH): Limite de dangerosité immédiate pour la vie ou la santé est de 50 ppm. Le NIOSH recommande une valeur limite d’exposition de 2 ppm (6 mg/m3)
  • Le Congrès Américain des Hygiénistes Gouvernementaux (ACGIH) recommande une valeur de seuil limite de 2 ppm (6 mg/m3)

Références consultées

  • Anon.  Crotonaldehyde.  IARC Monogr Eval Carcinog Risks Hum.  1995; 63:373-391.
  • ECHA:  http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/cl-inventory/-/cl-inventory/view-notification-summary/, accessed August 25, 2014.
  • Eder E, Schuler D, Budiwan.  Cancer risk assessment for crotonaldehyde and 2-hexenal:  an approach.  IARC Sci Publ 1999; 150:219-232.
  • Eder E, Budiwan, Schuler D.  Crotonaldehyde:  a carcinogenic and mutagenic air, water and food pollutant.  Cert Eur J Public Health 1996; 4(Suppl):21-22.
  • Hathaway GH, Proctor NH (eds).  Crotonaldehyde, in:  Proctor and Hughes' Chemical Hazards of the Workplace, 5th ed.  Wiley Interscience, Hoboken, NJ, 2004, pp. 187-188.
  • HSDB.  Crotonaldehyde in:  Hazardous Substances Data Bank, National Library of Medicine, Bethesda, MD, USA.  http://www.nlm.nih.gov (Toxnet), accessed July 28, 2014.
  • Huang JF, Zhu DM, Zhong M.  Acute respiratory distress syndrome due to a high-concentration mixture of ethenone and crotonaldehyde.  Toxicol Ind Health 2013; Feb 28 (E-pub ahead of print.).
  • Jha AM, Singh AC, Sinha U, Kumar M.  Genotoxicity of crotonaldehyde in the bone marrow and germ cells of laboratory mice.  Mutat Res 2007; 632(1-2):69-77.
  • INRS:  No Toxicological Sheet found.  INRS Toxicological Sheets, accessed August 25, 2014.
  • Islam UL et al.  Genotoxicity and immunogenicity of crotonaldehyde in modified human DNA.  Int J Biol Macrobiol. 2014; 65:471-778.
  • Liu XY, Yang ZH, Pan XJ, Xhu MX, Xie JB.  Crotonaldehyde induces oxidative stress and caspace-dependent apoptosis in human bronchial epithelial cells.  Toxicol Lett 2010; 195(1):90-98.
  • Neudecker T, Lutz D, Eder E, Henschler D.  Crotonaldehyde is mutagenic in a modified Salmonella typhimurium mutagenicity testing system.  Mutat Res 1981; 91(1):27-31.
  • NIOSH:  Crotonaldehyde, in:  NIOSH Pocket Guide to Chemical Hazards, Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention, National Institute for Occupational Health and Safety, DHHS (NIOSH) Publication No. 2005-149, Cincinnati, OH, USA, 2007, p. 80.
  • Salgado MS, Modenero E, Villanueva F, Martin P, Tapia A, Cabañas B.  Night-time atmospheric fate of acrolein and crotonaldehyde.  Environ Sci Technol 2008; 42(7):2393-2400.
  • Stein, S, Lao Y, Lang IY, Hecht SS, Moriva M.  Genotoxicity of acetaldehyde and crotonaldehyde-induced 1,N2-propanodioxy guanosine DNA adducts in human cells.  Mutat Res 2006; 608(1):1-7.

Alan H. HallM.D. President and Chief Medical Toxicologist
Toxicology Consulting and Medical Translating Services, Inc.
USA
Clinical Assistant Professor
Colorado School of Public Health
University of Colorado-Denver
Denver, Colorado, USA

Mis en ligne le 29 Janvier 2015