Diphotérineâ

RESUME DES PUBLICATIONS

 

La Diphotérineâ est une solution de lavage d’urgence des projections oculaires et cutanées de produits chimiques. Ses propriétés amphotères, ou capacité d’absorption de l’agresseur chimique, et hypertoniques, qui empêchent le corrosif ou l’irritant de pénétrer, permettent de revenir rapidement vers un pH physiologique, zone de non-danger (Josset P et al. SMT 1986, 6-7, 765-769).

La Diphotérineâ est une solution de lavage non irritante pour les yeux et faiblement irritante pour la peau, elle est non toxique par ingestion (DL50 orale > 2000 mg/Kg). Les résidus de lavages acide et basique sont non irritants (Mathieu L et al EUROTOX 2000, London, UK, poster, référence : Toxicology Letters 2000, supplement 1/116, p85, A313). Appliquée comparativement chez l’homme sur 10 volontaires, le lavage hypertonique à la Diphotérine est sans danger (Kompa S et al. Graefe’s Arch Clin Exp Ophthalmol 2002, 240, 308-313).

Des études in vitro et in vivo ont permis de mettre en évidence l’intérêt de l’utilisation de la Diphotérineâ .

In vitro, en dosant 1 millilitre de soude 1N ou de 1 millilitre d’acide chlorhydrique 1 N avec un volume croissant de Diphotérineâ , le pH atteint la zone physiologique (ou de non-danger) comprise entre 5.5 et 9 pour un volume ajouté de Diphotérineâ de 25 ml. Un même volume d’eau ajouté respectivement à la soude ou à l’acide chlorhydrique reste dans la zone de corrosivité avec un pH respectif de 12.5 et 1.08. Une expérience de simulation du lavage externe oculaire par une membrane semi-perméable a permis de même en évidence la supériorité du lavage avec la Diphotérineâ comparativement à l’eau et au sérum physiologique 0.9% (Mathieu L et al. Occupational Hygiene, Manchester, UK, poster, 2000).

In vivo, une expérience a été conduite sur la brûlure oculaire d’ammoniaque 15,3% chez le lapin New Zealand Albinos. Le lavage a été réalisé comparativement avec le sérum physiologique 0.9% ou avec la Diphotérineâ . L’efficacité du lavage à la Diphotérineâ a été mis en évidence sur la base d’éléments biochimiques et cytopathologiques, avec en particulier, l’absence de l’œdème stromal dans le cas du lavage avec la Diphotérineâ et son apparition avec le lavage au sérum physiologique (Gérard M et al. J Fr Ophtalmol 2000, 23, 5, 449-458). Une étude comparative chez le rat Wistar, ayant reçu de l’acide chlorhydrique concentré appliqué pendant 15 secondes, a montré la diminution des paramètres de l’inflammation et de la douleur de façon significative suite au lavage avec la Diphotérineâ comparativement à aucun lavage, un lavage avec du sérum physiologique 0.9% ou encore un lavage à l’eau suivi d’application de gel de gluconate (Cavallini M et al, SOT 2002, Nasville, TN, poster, référence : Toxicological Sciences, supplement, Vol 66, Number 1-S, March 2002, page 165, M804). Les capacités d’absorption ainsi que l’intérêt de l’hypertonicité de la Diphotérineâ ont été testées comparativement à d’autres solutions (Kuckelkorn R et al Deutsches Ärzteblatt 97, A104-109, Kompa S et al Graefe’s Arch Exp Ophthalmol 2002, 240, 308-313 ; Kuckelkorn R et al. Acta Ophthalmologica Scandinavica 2002, 80, 1, 4-10).

Des cas d’utilisation de la Diphotérineâ lors du lavage d’urgence de projections oculaires et cutanées de produits chimiques ont été communiqués.

Six cas de lavage de projections d’acides (acide sulfurique, acide nitrique) et de base (soude) concentrés ont été rapportés. Lavés rapidement ave la Diphotérineâ , toutes ces projections n’ont pas présentées de séquelles, les soins secondaires n’ont pas été nécessaires et il n’y a pas eu d’arrêt de travail pour ces opérateurs (Mathieu L et al. Occupational Hygiene, Manchester, UK, poster, 2000).

De 1987 à 1992, une étude statistique a été réalisée sur 180 projections chimiques survenus dans une entreprise française. L’utilisation de la Diphotérineâ en remplacement du lavage initial à l’eau a permis de supprimer complètement les arrêts de travail, et de diminuer les soins secondaires de 30% à 5% (Mathieu L et al EUROTOX 2000, London, UK, poster, référence : Toxicology Letters 2000, supplement 1/116, p85, A313).

Dans une entreprise allemande, de 1991 à 1993, 42 projections chimiques avec de la soude (40g/l à 600 g/l; pH = 14) ont été rincés avec différentes solutions de lavages. Une étude statistique a montré une différence significative (p<0.05) entre le lavage avec la Diphotérineâ et d’autres solutions de lavage, incluant l’eau. L’utilisation du lavage avec la Diphotérineâ a entraîné une faible moyenne d’arrêt de travail et un faible écart type et l’absence de la nécessité de soins secondaires (Mathieu L et al EUROTOX 2000, London, UK, poster, référence : Toxicology Letters 2000, supplement 1/116, p85, A313).

Dans une autre entreprise allemande, de 1994 à 1998, 24 projections chimiques d’acides et de bases ont été lavées en urgence et en première intention avec la Diphotérineâ . Aucune brûlure n’est apparue , aucun soin secondaire n’a été nécessaire, il n’y a pas eu d’arrêt de travail (Mathieu L et al EUROTOX 2000, London, UK, poster, référence : Toxicology Letters 2000, supplement 1/116, p85, A313).

Dans une entreprise française, entre janvier 1992 et avril 2000, plus de 600 projections chimiques ont été enregistrées. La Diphotérineâ a été implantée en 1995. Avant 1995 le lavage des projections chimiques était réalisé à l’eau, après 1995, seulement 32% ont été lavées à l’eau. L’analyse préliminaire de 375 projections qui ont été générées par cinq produits (acide acrylique, acrylates, acide sulfurique, soude et ADAME), a permis de mettre en évidence une différence significative (p<0.05) entre la Diphotérineâ et l’eau sur les arrêts de travail avec aucun arrêt de travail pour la Diphotérineâ et 7 cas pour l’eau. De même le pourcentage de projections chimiques n’ayant entraîné aucune suite est significativement différent entre les deux méthodes de lavage (Simon F SFETB 2000, poster).

Deux enquêtes réalisées en entreprise montrent qu’il est nécessaire d’utiliser tout le conditionnement de Diphotérineâ , la perte de la sensation de douleur n’indiquant pas la fin d’une complète décontamination. Ces deux études montrent également la polyvalence du lavage avec la Diphotérineâ aussi bien sur les acides ou les bases (Falcy M et al. DMT 1993, 53, 32-41, Falcy et al. DMT 1997, 70, 137-146).